Retour aux actualités

2018 (15)

2017 (10)

2016 (26)

2015 (25)

2014 (4)

Risque cardio-vasculaire, l’importance du bilan lipidique

publié le : 15 mars 2017

L’exploration d’une anomalie lipidique (cholestérol total, HDL-cholestérol, LDL-cholestérol, triglycérides) est recommandée :

  • pour évaluer le risque cardio-vasculaire global (RCV) chez les hommes âgés de plus de 40 ans et les femmes à partir de 50 ans ou ménopausées. Au-delà de 80 ans, la réalisation d’un bilan lipidique de dépistage n’est pas justifiée,
  • lors d’une prescription d’une contraception hormonale œstroprogestative. Une glycémie à jeun doit y être associée.

Indépendamment de l’âge, elle est recommandée avec l’évaluation du RCV global en présence d’autres facteurs de risques cardiovasculaires : maladie cardio-vasculaire documentée, hypertension artérielle, diabète, tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de 3 ans, indice de masse corporelle ≥ 30 kg/m² ou tour de taille > 94 cm chez l’homme ou > 80 cm chez la femme, insuffisance rénale chronique modérée à sévère, antécédent familial de maladie cardio-vasculaire ou de dyslipidémie, et maladie auto-immune ou maladie inflammatoire chronique.

 

Les stratégies et les objectifs thérapeutiques du « mauvais cholestérol », le LDL-cholestérol, sont différentes selon le niveau de RCV auquel vous appartenez.

Ce dernier s’apprécie à l’aide de l’outil SCORE (Systematic COronary Risk Estimation) utilisable sur le site http://www.heartscore.org/fr, et évalue le risque de mortalité cardio-vasculaire à 10 ans, en fonction du sexe, de l’âge (de 40 à 65 ans), du statut tabagique, de la pression artérielle systolique, des concentrations de cholestérol total et de HDL-cholestérol.

Le SCORE n’est pas utilisable en cas d’hypertension artérielle sévère, d’hypercholestérolémie familiale ou d’insuffisance rénale chronique modérée (où le RCV est considéré d’emblée comme élevé),  et de maladie cardiovasculaire documentée ou d’insuffisance rénale chronique sévère (RCV très élevé). En présence de diabète, votre RCV peut varier d’un niveau modéré (< 40 ans sans facteur de RCV supplémentaire ni atteinte d’organe cible) à très élevé (≥ 40 ans avec au moins un facteur de RCV ou atteinte d’organe cible).

 

À chaque niveau de RCV correspond un seuil de LDL-cholestérol à ne pas dépasser. Si cela est votre cas, votre médecin vous proposera un traitement hypolipémiant (les statines constituent la première ligne de traitement), précédé en cas de risque faible à modéré d’une modification pendant 3 mois de votre mode de vie et de votre alimentation.

Votre taux de cholestérol total est quant à lui, pris en en compte pour le calcul de votre LDL-cholestérol ainsi que pour l’évaluation de votre RCV à l’aide de l’outil SCORE.

 

Dans le cadre d’un hypertriglycéridémie isolée ou associée à une hypercholestérolémie (dyslipidémie mixte), la décision de traitement dépend non seulement de la valeur des triglycérides mais également de votre niveau de RCV. Ainsi, en cas de RCV faible à modéré, un traitement par fibrate sera initié uniquement en cas de triglycérides ≥ à 5 g/L. Le seuil de traitement passe à 2 g/L en cas de RCV élevé à très élevé.

En cas de triglycérides ≥ 3.4 g/L, le LDL-cholestérol ne pouvant être calculé, les objectifs thérapeutiques en fonction de votre niveau de RCV se baseront sur le non HDL-cholestérol, reflétant la  concentration en cholestérol des lipoprotéines athérogènes (dont le LDL fait partie) ; ou l’apolipoprotéine B, présente à raison d’une seule molécule par particule de LDL, et donc équivalent en terme de dosage à l’évaluation du nombre de particules LDL.

David Mariotte

Pour en savoir plus :