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Maladie rénale chronique : dépistage et suivi

publié le : 3 mars 2018

La maladie rénale chronique (MRC) se définit par la présence pendant plus de 3 mois d’au moins l’un des signes suivants : débit de filtration glomérulaire (DFG) estimé inférieur à 60 mL/min/1.73 m2, albuminurie ou protéinurie, hématurie, leucocyturie, anomalie morphologique à l’échographie rénale.

On estime à 10 % le taux de prévalence de la MRC chez les adultes en France, le diabète et l’hypertension artérielle étant les causes les plus fréquentes (responsables de près d’un cas sur deux des stades d’insuffisance rénale chronique terminale).

Le dépistage doit être réalisé une fois par an chez tout patient à risque, par un dosage de la créatininémie avec estimation du DFG couplé à un dosage de l’albuminurie (exprimé sous forme de ratio albuminurie/créatininurie). En cas de résultat anormal, les tests doivent être répétés dans les 3 mois.

Le suivi initial de la MRC est réalisé par votre médecin traitant en l’absence d’urgence ou de doute sur la nature de la maladie rénale.

L’objectif de votre médecin sera triple :

  • prendre en charge la cause de votre MRC : diabète, hypertension artérielle, maladie cardiovasculaire athéromateuse, maladie de système ou auto-immune, affection urologique
  • préserver votre fonction rénale :
    • contrôle de vos traitements potentiellement néphrotoxiques avec un ajustement des posologies en fonction de la clairance de la créatinine
    • éducation aux mesures de néphroprotection : précautions à prendre en cas d’examens radiologiques avec injection de produit de contraste, ou en cas d’exposition à des toxiques professionnels
  • retarder le plus possible l’évolution de votre MRC vers un stade d’insuffisance rénale terminale :
    • traitement visant à diminuer l’albuminurie et à normaliser votre pression artérielle (IEC ou ARA II si intolérance ou contre-indication), l’albuminurie et son importance étant directement corrélé à la progression de votre MRC en insuffisance rénale chronique terminale ;
    • contrôle strict des autres facteurs de risque cardiovasculaire (votre risque cardiovasculaire global étant à considérer comme élevé), avec autosurveillance du poids et de la pression artérielle et une adaptation de votre mode de vie (arrêt du tabac, activité physique, alimentation équilibrée).

Le recours à un néphrologue s’avère cependant nécessaire dans certains cas :

  • situations d’urgence : suspicion d’insuffisance rénale aigüe, formes évolutives (déclin annuel du DFG supérieur à 5 ml/min/an, albuminurie élevée avec ratio A/C ≥ 70 mg/mmol ou associée à une hématurie, pression artérielle non contrôlée), lithiase, hydronéphrose
  • DFG inférieur à 45 ml/min/1.73 m2
  • survenue de complications comme l’anémie, les troubles phosphocalciques et hydroélectrolytiques, l’acidose métabolique, et la dénutrition.

David Mariotte

Pour en savoir plus :